La première loi concernant les risques sociaux est la loi du 21 juillet 1844 qui institue une assurance obligatoire pour les marins navigant sous pavillon belge.
Entre 1850 et 1890, l'État a incité les ouvriers à se prémunir contre les risques sociaux. A cette fin la caisse générale de retraite, devenue plus tard en 1865 la caisse générale d'épargne et de retraite, a été créée en vue de la constitution pour ceux qui le souhaitaient de rentes de vieillesse au moyen de versements réguliers.
Les ouvriers de leur côté avaient créé des caisses de secours destinées principalement à venir en aide aux ouvriers malades. Ces caisses de secours ont été reconnues par l'État belge par une loi de 1851 sur les sociétés d'assurance mutuelles.
Vers la fin du dix-neuvième siècle, les sociétés d'assistance mutuelles créées par les ouvriers se sont organisées en mouvance politique et confessionnelle. Une loi de 1894 a permis aux sociétés d'assistance mutuelles qui remplissaient certaines conditions déterminées par l'État de bénéficier de subventions. Ces associations de mutuelles ou ces sociétés d'assistance se sont alors regroupées en unions ou en fédérations, afin de leur permettre de se réassurer pour certains risques lourds.
Au début du vingtième siècle les associations de mutuelles se sont réunies en alliances ou en unions nationales et c'est ainsi que furent fondées :
Dès 1903, la loi sur les accidents du travail prévoyait qu'il n'était plus nécessaire au salarié de prouver la faute de l'employeur pour pouvoir être indemnisé.
Durant l'entre deux guerres, petit à petit, l'État a commencé à intervenir de manière de plus en plus importante dans les différentes initiatives individuelles et son action a tendu à se substituer aux actions individuelles.
Dès 1921, des caisses de compensation sont créées en vue de compenser ou de répartir les charges liées au versement des allocations familiales des employeurs affiliés. Ce système a été généralisé en 1930, en obligeant tous les employeurs à s'affilier à une caisse de compensation pour allocations familiales.
En 1924, l'assurance vieillesse obligatoire est instituée sous forme de capitalisation individuelle pour tous les ouvriers et les employés.
C'est après la seconde guerre mondiale que le régime actuel a vu le jour. Après les allocations familiales et l'assurance vieillesse obligatoires instituées dans les années précédentes, l'arrêté loi du 28 décembre 1944 a rendu également obligatoire l'assurance maladie et invalidité ainsi que l'assurance chômage.
Par la suite, le champ d'application du régime de sécurité sociale a été étendu à d'autres catégories de personnes qui, sans être liées par un contrat de travail se trouvaient dans une situation de subordination socio-économique.
Malgré les différentes extensions du régime au fil des années, certaines personnes continuaient à ne pas bénéficier de prestations. C'est pour cette raison que les régimes ont mis en place des systèmes permettant de garantir un minimum de revenus aux personnes qui se trouvaient dans l'incapacité de travailler et ne pouvaient pas prétendre à des prestations du régime de sécurité sociale, ou pour qui les prestations de sécurité sociale étaient insuffisantes.
C'est ainsi que les prestations non contributives suivantes, soumises à condition de ressources, ont été créées : le revenu garanti aux personnes âgées en 1969, remplacé par la garantie de revenus aux personnes âgées en 2001, les allocations pour personnes handicapées en 1969, les prestations familiales garanties en 1971, le minimum de moyen d'existence remplacé par le revenu d'intégration en 2002.
Jusqu'en 1994, les recettes de la sécurité sociale, à l'exception de celles destinées au fonds pour l'équilibre financier, étaient définies séparément pour chaque branche. Depuis le 1er janvier 1995, une gestion financière globale a été mise en place et depuis les différentes branches sont financées en fonction de leurs besoins.
La loi cadre du 26 juillet 1996 portant modernisation de la sécurité sociale et garantie de la viabilité des systèmes de pensions légaux, introduit, comme dans beaucoup de pays européens, des dispositions en matière de financement alternatif en vue de réduire le coût de l'emploi et des mesures propres à maîtriser les dépenses de santé.
En 2009 l'égalité de traitement entre les hommes et les femmes est achevée, tant au niveau de l'âge de liquidation de la pension de vieillesse qu'au niveau du calcul de celle-ci. Ainsi, depuis le 1er janvier 2009 l'âge de liquidation de la pension de vieillesse est fixé à 65 ans pour les femmes comme pour les hommes et la durée d'assurance pour obtenir une pension complète est égale à 45 ans pour les hommes et les femmes. La réforme prévoit également la possibilité d'une retraite anticipée à partir de 60 ans avec une carrière d'assurance minimum.
La loi du 23 décembre 2005 relative au pacte de solidarité entre les générations a pour but de provoquer un changement dans les mentalités et évoque le choc du vieillissement de la population et de la globalisation de l'économie.
Elle prend un vaste ensemble de mesures qui visent à mettre plus de jeunes au travail, à encourager les travailleurs âgés à rester plus longtemps dans leur emploi, à réduire les charges qui pèsent sur le travail et ceci, tout en renforçant le financement alternatif de la sécurité sociale.
En 2008 le plan fédéral de lutte contre la pauvreté qui a été adopté contient un certain nombre de mesures spécifiques en matière de revenus, de santé et d'emploi notamment.