Vous venez en France pour résider et vous êtes inactif

Le droit au séjour des citoyens européens au delà de 3 mois reste soumis à certaines conditions, malgré les principes d'égalité de traitement et de liberté de circulation. En effet, le traité instituant l'Union européenne établit une distinction entre les personnes en mesure de pourvoir à leur subsistance (travailleurs salariés ou indépendants) et les inactifs qui doivent disposer de moyens financiers suffisants pour ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale et d'une assurance maladie complète. Si les inactifs sont dispensés d'un titre de séjour, ils n'ont pas pour autant un droit de résider automatique en application de la Directive communautaire n°2004/38/CE du 29 avril 2004.

Pour vous inscrire auprès des organismes de protection sociale français, vous devrez fournir impérativement un acte de naissance avec filiation ainsi qu'un passeport ou une carte nationale d'identité.


Comment le numéro de sécurité sociale français est-il attribué ?

Si vous êtes un ressortissant européen et que vous n'ouvrez pas droit à l'assurance maladie légale de votre pays d'origine (au titre d'une activité professionnelle, d'une pension servie par un régime de base, d'une prestation de chômage, etc...), l'accès à la protection universelle maladie (Puma) et à la CMU complémentaire ne vous sera pas automatiquement accordé. Cet accès sera possible si vous avez la qualité de résident permanent. Si vous résidez sur le territoire français depuis moins de 5 ans, votre situation sera examinée par la caisse d'assurance maladie au cas par cas.

Les personnes entrées en France en qualité d'étudiants ou pour venir chercher un emploi, bien que sans activité professionnelle ne peuvent pas être considérées comme des inactifs au regard du droit au séjour et de la protection universelle maladie. Pour l'ensemble des Etats membres et au regard de la protection sociale, les étudiants sont présumés  être en séjour dans l'Etat où ils étudient. Les personnes entrées en France pour chercher un emploi doivent disposer de leur propre couverture maladie durant le séjour et ne peuvent se voir accorder le bénéfice de la protection universelle maladie (article L 160-1 du code de la sécurité sociale).

Droit au séjour permanent

Un droit au séjour permanent s'acquiert au terme de cinq années de résidence ininterrompue et régulière dans l'Etat d'accueil. C'est ce que précise l'article 16 de la directive 2004/38 transposé notamment par l'article L 122-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers. Ce droit au séjour permanent qui relève de la compétence des préfectures éventuellement en lien avec les organismes sociaux concernés, sera apprécié, si nécessaire sur la base des circonstances ayant conduit les intéressés à bénéficier d'un maintien au séjour au titre des articles R. 121-6 et R. 121-9 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers. C'est la décision des Préfectures qui permettra de déduire si l'accès à la protection maladie universelle est, ou non, acquis, au terme de cinq années de résidence. C'est à la caisse primaire d'assurance maladie du lieu de résidence de l'intéressé qu'il appartiendra d'examiner si les conditions sont remplies pour bénéficier de la protection universelle maladie (Puma).

Pas de droit au séjour permanent

Pour les personnes ne disposant pas d'un droit au séjour permanent, l'accès à la protection universelle maladie sera examiné au cas par cas en fonction de la situation de chacun.

Il pourra s'agir des situations rencontrées par des ressortissants confrontés à des difficultés graves et imprévisibles, indépendantes de leur volonté. Les personnes disposant de ressources suffisantes qui démontrent avoir établi en France leur résidence stable et habituelle pourront, le cas échéant, se voir accorder le bénéfice de la protection universelle maladie. Les institutions examineront les raisons pour lesquelles la couverture maladie nécessaire pour résider en France a été perdue : perte imprévisible de revenus, coût de l'assurance privée rendu trop onéreux à la suite du suivi d'un traitement médical, perte de la couverture maladie à la suite de la perte de l'emploi du conjoint, d'un divorce ou d'un décès. L'intéressé devra démontrer que des évènements imprévisibles et des difficultés indépendantes de sa volonté l'ont conduit à perdre la couverture maladie dont il disposait jusqu'alors. En vue de prévenir les comportements abusifs toute pièce utile permettant d'attester de la situation de la personne est susceptible d'être demandée et la préfecture pourra, le cas échéant, être interrogée. Comme pour les personnes disposant d'un droit au séjour permanent, c'est la caisse primaire d'assurance maladie du lieu de résidence l'intéressé qui examinera le dossier.