Le régime irlandais de protection sociale couvre les travailleurs salariés contre les principaux risques sociaux : maladie-maternité-paternité, invalidité, vieillesse, décès (survivants), accidents du travail et maladies professionnelles, chômage. Il comprend également des prestations familiales.
En Irlande, les salariés et les travailleurs indépendants relèvent d'un régime général de protection sociale. Toutefois, les travailleurs indépendants bénéficient d'une couverture plus limitée : ils ne sont pas couverts en matière d'accidents du travail/maladies professionnelles, ni par les prestations en espèces en cas de maladie.
Les prestations sociales relèvent de trois grandes catégories :
Les prestations contributives sont généralement forfaitaires.
Le Ministère de la protection sociale (Department of Social Protection) est l'administration centrale compétente en matière de protection sociale. Il élabore et met en œuvre la politique de protection sociale et est chargé de la gestion des prestations sociales, des pensions et du système d'assurance sociale.
Sous la tutelle du Ministère de la santé (Department of Health), la Direction générale des services de santé publics (Health Service Executive – HSE), est chargée de fournir et d'organiser les soins de santé.
Les cotisations sociales financent les assurances vieillesse, invalidité, décès (survivants), chômage, accidents du travail et maladies professionnelles ainsi que les prestations en espèces de l'assurance maladie-maternité-paternité. Les cotisations sociales sont prélevées chaque mois par l'employeur et recouvrées par l'Administration fiscale (Revenue). Elles sont ensuite affectées à la caisse d'assurance sociale (Social Insurance Fund -SIF), qui finance les prestations contributives et les pensions.
Les prestations familiales, l'assistance chômage et les soins de santé sont principalement financés par les impôts.
Consulter les taux de cotisations sociales applicables en Irlande.
La qualité d'assuré s'obtient sur condition de résidence en Irlande (ordinary residence), indépendamment de l'exercice d'une activité professionnelle. Est considérée comme « résident habituel » toute personne qui vit en Irlande depuis au moins un an ou qui peut prouver son intention de vivre en Irlande pendant un an.
La prise en charge des soins de santé dépend du statut de l'assuré : pleine éligibilité (full eligibility) ou éligibilité partielle (limited eligibility). L'assuré bénéficiant de la pleine éligibilité accède gratuitement à la plupart des services de santé sur présentation de sa carte médicale, tandis que celui bénéficiant de l'éligibilité partielle doit s'acquitter d'une participation aux frais de santé.
La pleine éligibilité (full eligibility) s'obtient sur condition de ressources ou pour raison médicale. Les revenus hebdomadaires ne doivent pas dépasser les plafonds fixés par la Direction générale des services de santé publics (HSE), lesquels varient selon l'âge (plus ou moins de 70 ans, étudiants) et la situation familiale.
Bénéficient également de la carte médicale les mineurs auxquels on a diagnostiqué un cancer au cours des 5 dernières années ou les titulaires de l'allocation de soins à domicile. Enfin, sans remplir les conditions de ressources, il est possible d'obtenir une carte médicale à titre discrétionnaire pour faire face à d'importantes dépenses de santé (discretionary medical cards*).
*La Discretionary Medical Card peut être accordée, après examen individuel de la situation par le HSE, aux personnes dont les revenus dépassent les plafonds réglementaires mais qui supportent des dépenses de santé ou des charges exceptionnelles entraînant des difficultés financières (frais médicaux récurrents, dépenses liées à une maladie chronique ou à un handicap, etc).
Pour bénéficier de la pleine éligibilité, les revenus hebdomadaires ne doivent pas dépasser :
Ces montants sont augmentés en fonction du nombre et de l'âge des enfants à charge. Ils peuvent également être augmentés de certaines dépenses admises par le HSE notamment les frais de logement, de garde d'enfants ou les frais de déplacement liés au travail.
La carte médicale est accordée lorsque le revenu hebdomadaire brut est inférieur à un certain plafond (soit en 2026 : 550 € pour les personnes vivant seules, ou 1 050 € pour les personnes en couple).
Les personnes disposant d'une carte médicale sont redevables d'une participation de 1,50 € pour chaque médicament acheté, dans la limite d'un plafond mensuel de 15 € par personne/famille. Les médicaments et produits médicaux destinés à traiter certaines affections de longues durées (Long Term Illness Scheme) sont exonérés de cette participation.
Lorsque les revenus de l'intéressé dépassent les plafonds prévus pour l'attribution d'une carte médicale il est possible d'obtenir une GP Visit Card, qui ouvre droit à des consultations gratuites chez un médecin généraliste conventionné pour l'assuré et ses ayants droit.
La GP Visit Card est attribuée automatiquement aux personnes âgées de 70 ans et plus et aux enfants âgés de moins de 8 ans.
Pour les autres demandeurs, le revenu hebdomadaire net ne doit pas dépasser 418 € pour une personne seule vivant seule (69 ans ou moins), et 607 € pour un couple ou un parent isolé. Ces plafonds sont majorés en fonction du nombre et de l'âge des enfants à charge.
Toutes les autres prestations de santé font l'objet du paiement d'une participation dans les mêmes conditions que pour les personnes bénéficiant de l'éligibilité partielle.
Les personnes détentrices de la Carte médicale et/ou de la GP visit card choisissent leur médecin généraliste à partir d'une liste de médecins locaux conventionnés avec le HSE.
Les personnes résidant en Irlande, non titulaires de la carte médicale, sont couvertes sous le système d'éligibilité partielle (limited eligibility) pour les services de santé.
Le Drugs Payment Scheme permet aux personnes qui ne bénéficient pas d'une carte médicale de plafonner le montant mensuel restant à leur charge pour les médicaments : 80 € par mois, par personne ou famille*. Au-delà de ce plafond, les coûts sont pris en charge dans le cadre de l'assurance santé.
Souscrire au Drugs Payment Scheme n'est pas soumis à une condition de ressources.
*Le foyer comprend le bénéficiaire, son conjoint ou partenaire, les enfants à charge (y compris les étudiants à temps plein jusqu'à 23 ans) ainsi que toute personne atteinte d'un handicap à charge du foyer, sans limite d'âge.
Les patients qui se rendent à l'hôpital public sans prescription du médecin généraliste, y compris aux urgences (emergency department ou A&E), sont redevables d'une participation forfaitaire de 100 € par consultation.
Cette mesure ne concerne pas les assurés en possession d'une carte médicale ni les consultations liées à une grossesse/accouchement.
Cette somme s'applique à la première visite, mais elle n'est pas exigée lors des visites de suivi ultérieures pour une même pathologie.
Certaines municipalités sont dotées de services de premiers secours (injury units), compétents pour soigner des blessures sans gravité (fractures, brûlures mineures, plaies superficielles, etc.). L'accès à ces structures sans prescription médicale et sans carte médicale entraîne une participation forfaitaire de 75 €. Ces structures ne prennent généralement pas en charge les jeunes enfants.
En cas d'hospitalisation de longue durée, une participation peut être appliquée selon les revenus du patient, avec un plafond hebdomadaire de 179 €.
À noter
Les patients admis en tant que patients privés dans un hôpital public (ceux utilisant une assurance santé privée pour couvrir la prise en charge de leurs soins) doivent s'acquitter de l'ensemble des frais liés aux soins reçus.
Les soins dentaires sont servis par les dentistes employés par les offices de santé locaux et par les dentistes privés ayant conclu un contrat avec le HSE.
Les enfants scolarisés jusqu'à 16 ans bénéficient de programmes de prévention et de soins dentaires spécifiques.
Les titulaires de la carte médicale et leurs ayants droit (sous certaines conditions) ont droit à la prise en charge de certains traitements de base chaque année, mais sont redevables du coût de tout traitement supplémentaire. Les autres patients paient la totalité des soins.
Treatment Benefit Scheme
Pour les personnes qui justifient d'un certain nombre de cotisations (en fonction de leur âge) au titre d'une activité salariée ou indépendante peuvent bénéficier d'un programme d'aide aux soins médicaux (Treatment Benefit Scheme) qui couvre notamment un examen dentaire annuel, ainsi que des participations aux frais d'ophtalmologie et d'aides auditives. Plus de renseignements.
Plus d'informations sur les services de santé en Irlande
Les travailleurs indépendants n'ont pas droit aux indemnités de maladie.
Les indemnités de maladie sont versées aux assurés ayant acquitté un nombre suffisant de cotisations et remplissant les conditions d'ouverture de droits.
Statutory Sick pay
Depuis le 1er janvier 2024, les salariés ont droit, par année civile, à 5 jours de congé maladie, rémunérés par leur employeur (Statutory sick pay). Ces jours peuvent être utilisés au cours d'un ou de plusieurs arrêts de travail pour maladie au cours de l'année. Pendant cette période, l'employeur est tenu de maintenir 70 % du salaire journalier habituel, avec un maximum de 110 € par jour. Le salarié doit avoir travaillé au moins 13 semaines consécutives chez le même employeur et fournir un certificat médical attestant de son incapacité de travail dès le 1er jour d'absence.
A l'issue de cette période, le salarié peut, s'il remplit les conditions d'assurance, bénéficier des illness Benefit.
Pour avoir droit aux iIlness Benefit, le salarié doit :
* Les cotisations créditées (credited contributions) sont des cotisations attribuées par le régime de sécurité sociale pour certaines périodes d'interruption d'activité, sans avoir été effectivement versées par le salarié (notamment en cas de chômage, de maladie ou de congé parental).
**À défaut de 13 semaines de cotisations payées durant l'année N-2, elles peuvent être justifiées dans l'année en cours ou sur une année fiscale parmi N-1, N-3 ou N-4.
L'assuré qui justifie de 260 semaines (5 ans) de cotisations depuis qu'il a commencé à travailler peut bénéficier des indemnités de maladie pendant une durée maximale de 2 ans (soit 624 jours).
Si les cotisations ont été versées entre 104 et 259 semaines, la durée de versement est limitée à 1 an (soit 312 jours). A l'issue de cette période, un nouveau droit peut être ouvert après avoir justifié d'au moins 13 semaines supplémentaires de cotisations.
Le montant des indemnités maladie varie selon quatre taux différents, en fonction du revenu hebdomadaire moyen de l'avant-dernière année cotisée (soit 2024 pour les indemnités versées en 2026) :
| Salaire hebdomadaire de référence | Indemnité de maladie hebdomadaire | Supplément pour adulte à charge* |
|---|---|---|
| moins de 150 € | 114 € | 109,20 € |
| de 150 à 219,99 € | 163,70 € | 109,20 € |
| de 220 à 299,99 € | 198,90 € | 109,20 € |
| 300 € ou plus | 254 € | 168,60 € |
| * Le supplément pour adulte à charge (Increase for a Qualified Adult) est dégressif en fonction des revenus du conjoint à charge. Il n'est pas versé lorsque les revenus bruts hebdomadaires de ce dernier excèdent 310 €. Source : Department of Social Protection, Illness Benefit. |
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Un supplément pour enfant à charge (Increase for a Qualified Child) peut également être accordé :
Ce supplément est versé par enfant et par semaine, selon l'âge de l'enfant et la situation du ménage :
*Le taux réduit s'applique lorsque le conjoint/partenaire à charge dispose d'un revenu hebdomadaire compris entre 310 et 400 €.
L'indemnité en cas d'incapacité partielle (Partial Capacity Benefit) permet aux assurés présentant une capacité de travail réduite, de reprendre une activité professionnelle, salariée ou indépendante, tout en continuant à percevoir des indemnités maladie. Il faut avoir perçu des indemnités de maladie pendant au moins 6 mois ou une pension d'invalidité. Le bénéficiaire peut exercer son activité sans limitation de revenus ou de nombre d'heures travaillées.
La reprise d'un emploi doit se faire sur avis médical.
L'indemnité partielle peut être versée tant que l'assuré conserve un droit aux indemnités de maladie. Si elle fait suite à une pension d'invalidité, elle peut être versée jusqu'à 3 ans. En 2026, son montant hebdomadaire est égal à 127 €, 190,50 € ou 254 €, en fonction du degré d'incapacité de travail (respectivement modéré, sévère ou profond)*. L'assuré peut à tout moment cesser son activité professionnelle et demander la reprise du versement intégral de l'indemnité de maladie ou de la pension d'invalidité, dans la limite des droits restants.
La demande doit être introduite avant la reprise de l'activité professionnelle.
* Ces montants s'appliquent aux assurés ayant bénéficié de l'indemnité de maladie (Illness Benefit). Des plafonds légèrement plus élevés sont appliqués lorsque l'indemnité de maladie partielle succède à une pension d'invalidité.
Démarches
La demande de prestation doit être présentée dans un délai de 6 semaines à compter du 1er jour d'arrêt pour maladie. La demande se fait en ligne ou par courrier.
Les soins de santé au titre de la maternité sont servis à toutes les résidentes. L'assurée bénéficie gratuitement d'un certain nombre d'examens pré- et postnataux (jusqu'aux 6 semaines de l'enfant) ainsi que des soins hospitaliers et d'urgence liés à la maternité et à l'accouchement.
L'indemnité de maternité est versée aux salariées et aux travailleuses indépendantes qui remplissent les conditions d'assurance requises et qui cessent leur activité professionnelle pendant leur congé de maternité.
Indemnités pour raisons de santé et de sécurité
Lorsqu'une salariée enceinte ou allaitante est exposée à un risque pour sa santé ou celle de son enfant et que l'employeur ne peut ni supprimer ce risque ni lui proposer un autre poste compatible avec son état, elle peut bénéficier d'un congé pour raisons de santé et de sécurité (Health and Safety Leave). L'employeur est tenu de maintenir la rémunération habituelle pendant les 3 premières semaines du congé. Ensuite, l'assurée qui justifie d'un nombre suffisant de cotisations peut percevoir une indemnité (Health and Safety Benefit) jusqu'à ce qu'elle bénéficie des indemnités de maternité, ou jusqu'à 14 semaines après l'accouchement en cas de travail de nuit ou 26 semaines après l'accouchement lorsque la salariée allaite. Son montant varie de 114 € à 254 € par semaine, en fonction des revenus de l'intéressée. Il peut être augmenté si l'intéressée a un conjoint et/ou des enfants à charge, et être réduit de moitié lorsque la bénéficiaire perçoit déjà certaines prestations sociales.
La salariée doit avoir cotisé pendant au moins :
ou
ou
*Les cotisations créditées sont des cotisations attribuées par le régime de sécurité sociale pendant certaines périodes d'interruption d'activité (par exemple en cas de chômage, de maladie ou de congé parental).
Travailleuses indépendantes
Elles bénéficient des mêmes prestations de maternité que les salariées. Mais elles doivent avoir cotisé à l'assurance des indépendants (PRSI classe S) pendant 52 semaines au cours de l'une des trois années fiscales suivantes : l'année fiscale pertinente (N-2), l'année précédente (N-3) ou l'année suivante (N-1). Il faut être couverte par l'assurance sociale (PRSI) au moment de la demande et cesser son activité pendant toute la période de versement des indemnités.
L'indemnité de maternité est versée pendant 26 semaines*. Le congé de maternité peut débuter entre 2 et 16 semaines avant la semaine présumée de l'accouchement, et doit comprendre au minimum 4 semaines après la naissance.
* En cas de naissance prématurée, la période de versement de l'indemnité de maternité est prolongée jusqu'à la date à laquelle le congé de maternité aurait normalement commencé. L'indemité maternité est due pour chaque naissance à partir de la 23e semaine de grossesse.
À l'issue des 26 semaines indemnisées, la bénéficiaire peut prendre un congé de maternité supplémentaire non rémunéré de 16 semaines.
La prestation peut être réduite de moitié lorsque la bénéficiaire perçoit simultanément certaines prestations sociales, notamment l'allocation pour parent isolé (One-Parent Family Payment) ou la pension de conjoint survivant (Bereaved Partner's Pension).
Lorsque la bénéficiaire a des personnes à charge, l'indemnité de maternité est comparée à l'indemnité journalière de maladie à laquelle l'intéressée pourrait prétendre en cas d'arrêt maladie, et le montant le plus élevé est accordé.
Certains contrats de travail ou conventions collectives prévoient le maintien du salaire par l'employeur. Dans ce cas, l'indemnité maternité est versée directement à l'employeur.
L'indemnité de maternité est imposable, mais n'est pas assujettie aux cotisations sociales.
Démarches
La demande d'indemnité de maternité doit être introduite auprès du Ministère de la protection sociale (Maternity Benefit Section), au moins 6 semaines avant le congé. Elle peut être réalisée en ligne.
Les femmes qui travaillent et qui allaitent bénéficient d'une heure de pause par jour, sans réduction de rémunération, pour allaiter leur enfant jusqu'à l'âge de 2 ans.
Pour bénéficier de l'indemnité de paternité, les pères salariés ou indépendants, doivent remplir les mêmes conditions de cotisation que les mères.
L'indemnité est versée pendant 2 semaines de congé de paternité, à prendre en une seule période continue dans les 6 mois suivant la naissance/l'adoption.
L'indemnité est fixée à 299 € par semaine. Elle peut être augmentée afin de prendre en compte une charge de famille.
Certains contrats de travail ou conventions collectives prévoient le maintien du salaire par l'employeur. Dans ce cas, l'indemnité paternité est versée directement à l'employeur.
L'indemnité est imposable.
Démarches
L'indemnité de paternité doit être demandée en ligne au moins 4 semaines avant le début du congé souhaité.
L'indemnité d'adoption est versée à un seul des parents adoptifs qui interrompt son activité professionnelle à l'occasion de l'adoption d'un enfant. Le second parent peut, s'il remplit les conditions requises, solliciter l'indemnité de paternité.
En cas d'adoption, une indemnité peut être versée jusqu'à 24 semaines après l'arrivée de l'enfant dans la famille. Les conditions de cotisations et les montants versés sont identiques à ceux prévus pour l'indemnité maternité.
Une fois la période d'indemnisation terminée, il est possible de prolonger son congé d'adoption par un congé non indemnisé de 16 semaines.
Démarches
La demande d'indemnité d'adoption doit être réalisée en ligne au moins 6 semaines avant le début du congé.
La législation irlandaise distingue le congé parental non indemnisé (parental leave) d'une durée maximale de 26 semaines par enfant de moins de 12 ans, du congé pour parent (parent's leave) durant lequel peut être versée une indemnité (Parent's Benefit).
Le congé pour parent (parent's leave) permet aux parents de prendre un congé rémunéré de 9 semaines pour chaque parent*, à prendre dans les 2 premières années suivant la naissance ou l'adoption. Ces semaines peuvent être prises en plusieurs fois (par périodes d'au moins 1 semaine).
*La durée du congé n'est pas prolongée en cas de naissances multiples.
Le bénéficiaire doit être couvert par l'assurance sociale et remplir des conditions de cotisations comparables à celles exigées pour les prestations de maternité et de paternité.
Le montant est de 299 € par semaine. Il peut également être réduit de moitié ou augmenté en fonction des circonstances personnelles de l'assuré (perception d'autres prestations sociales ou enfants/conjoint à charge).
Démarches
La demande doit être introduite en ligne et auprès de l'employeur au moins 6 semaines avant le début du congé. Mais il n'est pas possible d'effectuer la demande de prestation avant la naissance de l'enfant (l'enfant doit posséder un numéro d'identification (PPS number), automatiquement délivré pour toute naissance en Irlande).
La pension d'invalidité est accordée aux assurés dont la capacité de travail est réduite de manière durable en raison d'une maladie ou d'un handicap.
Les indépendants sont couverts par le régime de pension d'invalidité de l'assurance sociale dans les mêmes conditions que les salariés.
L'assuré doit être :
La demande de pension d'invalidité comprend un formulaire médical complété par le médecin traitant ainsi qu'un formulaire d'auto-évaluation renseigné par le demandeur, portant notamment sur son état de santé, ses limitations fonctionnelles et son parcours professionnel. Ces formulaires sont ensuite examinés par les médecins-conseils du ministère de la protection sociale, qui rendent un avis sur le bien-fondé de la demande.
Pour ouvrir droit à la pension d'invalidité, l'assuré doit justifier d'au moins 260 semaines de cotisations PRSI (soit 5 ans) depuis son affiliation à l'assurance sociale ; dont 48 semaines de cotisations versées ou créditées au cours d'une des 2 années fiscales précédant l'année du début de l'incapacité permanente de travail.
La pension d'invalidité est forfaitaire : elle s'élève à 259,50 € par semaine pour les personnes de moins de 66 ans. Elle peut être majorée en cas de personnes à charge. À 66 ans, elle est convertie en pension de vieillesse (State Pension Contributory) à taux plein.
Un assuré peut reprendre une activité professionnelle après avoir perçu une pension d'invalidité, et bénéficier d'une indemnité maladie en cas d'incapacité partielle. Il n'y a pas de limitations concernant les revenus ou la durée de travail. Le montant hebdomadaire de l'indemnité varie de 129,75 € à 259,50 €, selon le degré de réduction de la capacité de travail (modérée, grave ou profonde). L'assuré peut à tout moment demander la reprise du versement intégral de la pension d'invalidité, dans la limite des droits restants.
Le supplément pour personne isolée est accordé aux bénéficiaires de la pension qui vivent seuls. Son montant en 2026 est égal à 22 € par semaine.
La carte médicale (Medical Card) est délivrée à tout enfant bénéficiaire de l'allocation de soins à domicile. La demande peut s'effectuer en ligne ou à l'aide d'un formulaire à retourner par voie postale (adresse au bas du document).
L'allocation de soins à domicile est une prestation mensuelle versée au parent/tuteur qui assume la charge principale d'un enfant de moins de 16 ans atteint d'un handicap ou nécessitant des soins particuliers pendant au moins un an. Elle est versée sans condition de ressources. Un médecin-conseil du Department of Social Protection évalue si l'enfant remplit les critères médicaux d'attribution sur la base des documents fournis par le médecin traitant ou spécialiste.
Le montant de l'allocation correspond à 380 € par mois et par enfant. L'enfant ne doit pas faire l'objet d'un placement permanent en institution. Lorsqu'il est accueilli en structure de soins avec hébergement entre 2 et 4 jours par semaine, le montant de l'allocation est réduit de moitié, soit 190 € par mois*.
*En cas d'hospitalisation ou d'admission temporaire dans un établissement de soins, l'allocation peut continuer à être versée pendant une période maximale de 6 mois.
L'allocation de soins à domicile cesse d'être versée à l'âge de 16 ans. L'enfant peut alors déposer une demande à titre personnel pour bénéficier de l'allocation de handicap (Disability Allowance). Le passage d'une allocation à l'autre n'est cependant pas garanti, les critères d'admission étant différents.
Cumuls : l'allocation de soins à domicile peut être cumulée avec la prestation d'aide aux aidants (Carer's Benefit) ou avec l'allocation d'aide à la personne (Carer's Allowance).
À noter
L'allocation de handicap est attribuée chaque semaine, sous conditions de ressources*, aux personnes de 16 à 66 ans, résidant habituellement en Irlande et présentant un handicap/maladie entraînant une incapacité totale ou partielle de travailler. L'incapacité doit être présumée durer au moins un an.
*Les revenus du bénéficiaire et du conjoint sont pris en compte, avec une exonération partielle des revenus d'activité.
Le montant maximum de l'allocation correspond à 270 € par semaine. Le montant est majoré en présence d'enfants à charge : + 58 € pour un enfant de moins de 12 ans et + 78 € pour un enfant de 12 ans et plus. Il peut également être majoré si les revenus du conjoint sont faibles ou si la personne vit seule (Living Alone Increase).
Cette prestation est destinée aux assurés qui cessent ou réduisent leur activité professionnelle pour s'occuper d'une personne qui nécessite une assistance constante. Le demandeur doit fournir un certificat médical précisant le niveau de soins nécessaires, établi par le médecin de la personne aidée et vérifié par un évaluateur du Department of Social Protection.
Pour y avoir droit, il faut :
Le bénéficiaire peut exercer une activité professionnelle, salariée ou indépendante, ou suivre des études, à condition de ne pas dépasser 18,5 heures par semaine et de ne pas percevoir plus de 1 000 € de revenus professionnels par semaine.
Le montant de la prestation s'élève à 271 € par semaine en cas de soins pour une seule personne. Il n'est pas lié au degré de dépendance, mais peut être majoré en cas d'enfant à charge. Les indemnités peuvent être versées jusqu'à 104 semaines, consécutives ou non, pour chaque personne soignée.
Les personnes ne remplissant pas les conditions d'assurance peuvent éventuellement prétendre à l'allocation d'aide à la personne (Carer's Allowance), attribuée sous condition de ressources.
Cette prestation est une aide financière destinée aux personnes ayant de faibles revenus qui s'occupent à temps plein d'une personne malade ou en situation de handicap âgée de plus de 16 ans, ou d'un enfant ouvrant droit à l'allocation de soins à domicile (Domiciliary Care Allowance).
Le demandeur doit fournir un certificat médical précisant le niveau de soins nécessaires. Il est établi par le médecin de la personne aidée et vérifié par un évaluateur du Department of Social Protection.
L'allocation est attribuée pour au moins 1 an, et le Department of Social Protection initie ensuite des révisions périodiques pour vérifier que les conditions d'admissibilité sont toujours remplies.
Pour avoir droit à l'allocation, il faut :
*La personne soignée ne doit pas être hospitalisée ou admise dans une résidence médicalisée pour une période excédant 13 semaines.
**Les ressources sont évaluées au niveau du foyer. Un abattement de 1 000 € par semaine pour une personne seule et de 2 000 € pour un couple est appliqué.
En 2026, son montant est de 270 € par semaine pour un aidant de moins de 66 ans, et de 308 € par semaine pour un aidant de 66 ans ou plus. Ce montant est majoré pour une aide dispensée à plusieurs bénéficiaires et en présence d'enfants à charge : + 58 € pour un enfant de moins de 12 ans et + 78 € pour un enfant de 12 ans et plus. Ce montant peut également être réduit de moitié si le bénéficiaire perçoit d'autres prestations sociales (à l'exception des indemnités chômage).
à noter
Depuis le 1er janvier 2026, la prestation aux personnes assurant les soins et l'allocation d'aide à la personne sont imposables.
Les bénéficiaires de ces prestations sont éligibles à l'obtention d'une carte médicale (Medical Card) et perçoivent également au mois de juin, une prime annuelle de soutien (Carer's Support Grant) d'un montant de 2 000 €, non imposable.
Il existe deux principales pensions de vieillesse d'État :
L'âge légal de la retraite pour bénéficier de ces pensions est fixé à 66 ans. Le régime irlandais de protection sociale ne prévoit pas de pension de vieillesse anticipée.
report de la pension
Depuis le 1er janvier 2024, les personnes nées à compter du 1er janvier 1958 peuvent choisir de différer la liquidation de leur pension contributive entre 66 et 70 ans. Ce report peut permettre d'acquérir des cotisations supplémentaires et majorer le taux de pension.
Les travailleurs salariés sont obligatoirement couverts au titre de l'assurance vieillesse, sauf s'ils relèvent de la classe d'assurance J (c'est-à-dire s'ils gagnent moins de 38 € par semaine).
Les travailleurs indépendants sont couverts par le même régime de retraite que les salariés.
Pour bénéficier de la pension nationale contributive, un travailleur indépendant doit tirer de son activité un revenu annuel d'au moins 5 000 €, pour être tenu de cotiser à l'assurance sociale pour travailleurs indépendants (cotisations de classe S). Les travailleurs indépendants qui ne remplissent pas les conditions pour cette pension peuvent bénéficier de la pension nationale non contributive.
Pour bénéficier de la pension contributive, il faut :
Le montant de la pension nationale contributive ne dépend pas des revenus professionnels perçus au cours de la carrière, mais du nombre de cotisations d'assurance sociale (PRSI) acquittées ou créditées*.
*Les périodes créditées comprennent les périodes de maladie, chômage, de prise en charge d'une personne dépendante, ou d'éducation d'un enfant de moins de 12 ans.
Le calcul de la pension connaît une période de transition. Depuis 2025, la méthode de la moyenne annuelle (Yearly Average Method) est progressivement remplacée par la méthode fondée sur le total des cotisations (Total Contributions Approach – TCA). Cette transition s'achèvera en 2034, à partir de laquelle la pension sera calculée exclusivement selon la méthode TCA.
Pendant la période de transition, le montant de la pension est calculé selon la méthode TCA et selon une méthode combinant progressivement la TCA et la moyenne annuelle. Le montant le plus favorable entre ces deux méthodes est attribué. En 2026, la méthode combinée repose sur 80 % du résultat obtenu selon la moyenne annuelle et 20 % selon la TCA. La part de la TCA augmente ensuite chaque année de 10 % pour atteindre 100 % en 2034.
La méthode TCA prend en compte le nombre total de cotisations enregistrées au cours de la carrière, et non leur nombre moyen par année. Une pension au taux maximal correspond à 2 080 cotisations, soit 40 années de cotisations. En 2026, le taux maximal est de 299,30 € par semaine. Lorsque le nombre de cotisations est inférieur à 2 080, le montant de la pension est réduit proportionnellement.
exemple
Un assuré totalise 1 000 cotisations PRSI, et 500 cotisations créditées soit 1 500 cotisations prises en compte.
1 500 ÷ 2 080 = 0,7211 soit 72,11 %.
Il aura donc droit à 72,11 % du taux maximal de la pension : 72,11 % X 299,30 = 215,82 € par semaine.
La méthode de la moyenne annuelle (Yearly Average Method) consiste à calculer le nombre moyen de cotisations payées et créditées chaque année depuis l'entrée dans l'assurance. Pour une pension complète, une moyenne annuelle d'au moins 48 cotisations est requise. Lorsque cette moyenne est comprise entre 10 et 47 cotisations, le montant de la pension est réduit selon des tranches. Une moyenne inférieure à 10 cotisations n'ouvre pas droit à la pension.
| Moyenne annuelle de cotisations |
Montant hebdomadaire |
|---|---|
| 48 ou plus | 299,30 € |
| 40 - 47 | 293,50 € |
| 30 - 39 | 269,10 € |
| 20 - 29 | 254,80 € |
| 15 - 19 | 195 € |
| 10 - 14 | 119,60 € |
| Source : Citizens Information, State Pension (Contributory). | |
Exemple
Le bénéficiaire peut cumuler des revenus professionnels avec une pension de retraite, sans impact sur le montant de la pension.
La pension nationale non contributive est une prestation attribuée, sous condition de ressources, aux résidents âgés de 66 ans et plus ne remplissant pas les conditions de durée d'assurance pour prétendre à la pension nationale contributive, ou ne bénéficiant qu'un taux réduit de cette dernière.
L'attribution et le montant de cette pension dépendent d'un examen des ressources du demandeur. Les revenus du conjoint/partenaire sont aussi pris en compte.
Le bénéficiaire ou son conjoint peut continuer à travailler et percevoir jusqu'à 200 € de revenus salariés par semaine sans réduction du montant de sa pension. Au-delà de ce montant, les revenus sont pris en compte dans l'évaluation des ressources. Cette règle ne s'applique pas aux revenus issus d'une activité indépendante.
| Montant maximum hebdomadaire | |
|---|---|
| Pensionné âgé de 66 à 79 ans | 288 € |
| Pensionné âgé de 80 ans et plus | 298 € |
| Supplément pour conjoint à charge* | 190,20 € |
| Supplément pour enfant à charge | 58 € / 78 €** |
| *Le supplément n'est pas versé lorsque le conjoint à charge a 66 ans ou plus : celui-ci peut, s'il remplit les conditions, demander une pension en son nom propre. **Versés respectivement au titre d'un enfant de moins de 12 ans ou de 12 ans et plus. Source : Citizens Information, State Pension (Non-Contributory). |
|
Les bénéficiaires d'une pension non contributive peuvent également percevoir des suppléments hebdomadaires, ou être éligibles à l'allocation sociale complémentaire.
Démarches
Il est conseillé de formuler sa demande de pension 6 mois avant l'obtention de l'âge légal de la retraite. La demande peut être réalisée en ligne ou dans un bureau local de protection sociale.
Les travailleurs salariés et indépendants sont obligatoirement couverts contre le risque décès*, dans les mêmes conditions.
*à l'exception des salariés qui relèvent de la classe de cotisations J, c'est-à-dire les personnes dont la rémunération hebdomadaire est inférieure à 38 € (tous emplois confondus),et les indépendants qui ont un revenu annuel inférieur à 5 000 €.
Les prestations peuvent être versées au conjoint et au partenaire civil. Depuis le 21 juillet 2025, elles sont également accessibles au concubin survivant (qualified cohabitant), sous réserve que le couple ait vécu en relation stable pendant au moins deux ans s'il a eu un enfant commun, ou cinq ans en l'absence d'enfant.
L'assuré décédé ou le survivant doit :
*Les cotisations des deux membres du couple ne peuvent pas être cumulées pour remplir la condition requise.
et
1. Selon la première de ces deux dates.
2. Moyenne pour obtenir une pension minimum. La pension à taux plein est octroyée pour une moyenne annuelle de 48 cotisations.
La pension est versée sans condition de revenus, aussi longtemps que le survivant ne vit pas à nouveau en couple. Elle est soumise à l'impôt.
| Moyenne annuelle de cotisations (Yearly Average Method) | Bénéficiaire de moins de 66 ans | Bénéficiaire de 66 ans et + |
|---|---|---|
| Au moins 48 | 259,50 € | 299,30 € |
| 36 - 47 | 255,50 € | 293,50 € |
| 24 - 35 | 252,60 € | 286,60 € |
| Source : Department of Social Protection | ||
La prestation peut être majorée pour enfant à charge, et cumulée intégralement avec la prime d'activité pour les familles (Working Family Payment) dès lors que les plafonds de ressources ne sont pas dépassés.
Les personnes agées de moins de 66 ans qui ne remplissent pas les conditions d'assurance peuvent solliciter la pension de survivant non contributive.
Le partenaire survivant doit :
*Le Department of Social Protection (DSP) vérifie si le demandeur dispose de ressources suffisantes pour subvenir à ses besoins et détermine, le cas échéant, le montant de la pension. L'ensemble des ressources est pris en compte (revenus d'activité, prestations sociales, capitaux et biens immobiliers autres que la résidence principale). Une partie des revenus d'activité et certains revenus locatifs sont exclus.
Le montant dépend des ressources du bénéficiaire. Le montant maximal est de 254 € par semaine*.
*Les ressources sont additionnées et évaluées selon un barème dégressif : les premiers 7,60 € de ressources hebdomadaires évalués ne sont pas pris en compte. Au-delà de ce seuil, le montant de la pension est progressivement réduit en fonction du niveau de ressources.
Les partenaires survivants âgés de 66 ans ou plus peuvent demander la pension nationale non contributive.
à noter
La pension du conjoint survivant non contributive est uniquement versée en l'absence d'enfants à charge. Les personnes ayant un ou plusieurs enfants à charge peuvent faire une demande d'allocation pour parent isolé (One-Parent Family Payment) ou d'allocation transitoire pour demandeur d'emploi (Jobseeker's Transitional Payment).
La pension du conjoint survivant n'est pas cumulable avec les indemnités de chômage (Jobseeker's Benefit), de maladie (Illness Benefit) ou avec le supplément pour incapacité (Incapacity Supplement).
L'indemnité pour parent en deuil est une prestation forfaitaire destinée à soutenir le conjoint/partenaire survivant ayant des enfants à charge au moment du décès.
L'enfant doit avoir moins de 18 ans ou moins de 22 ans s'il suit des études à temps plein.
Le demandeur doit être bénéficiaire d'une pension de retraite, ou d'une pension contributive de conjoint survivant, ou d'une allocation pour parent isolé.
La prestation consiste en un versement unique de 8 000 €.
Lorsqu'un assuré sollicite une pension contributive de conjoint survivant, l'allocation aux parents survivants est automatiquement. Dans les autres situations, le demandeur doit faire une demande par courrier au Department of Social Protection.
L'indemnité de tutelle est versée au bénéfice de l'enfant dont les 2 parents sont décédés ou inconnus. L'orphelin doit être âgé de moins de 18 ans (22 ans si études à temps plein). L'indemnité est versée à la personne qui assure effectivement la garde de l'enfant ou à l'enfant étudiant (de 18 à 22 ans) s'il ne vit plus avec son tuteur.
Le montant de l'indemnité de tutelle est de 237 € par semaine.
La demande doit être faite par courrier.
Une aide exceptionnelle peut être accordée pour contribuer aux frais funéraires lorsque la famille du défunt n'est pas en mesure d'en assumer le coût. La demande et l'éligibilité sont appréciées par le Service d'aide sociale de la commune de résidence, sur la base d'un examen des ressources.
La prise en charge est limitée aux frais nécessaires, et peut être versée directement à l'entreprise de pompes funèbres.
Il existe également des prestations spécifiques en cas de décès d'un assuré lié au travail.
Les travailleurs indépendants ne sont pas couverts pour les accidents du travail et maladies professionnelles.
L'assurance accidents du travail et maladies professionnelles vise les travailleurs salariés, couverts de manière obligatoire. Ce régime sert des prestations à la suite de dommages ou de maladies causés dans le cadre de l'activité professionnelle ou au cours du trajet entre lieu d'activité et domicile.
Aucune condition minimale de durée d'affiliation ou de nombre de cotisations n'est exigée : il suffit d'être assuré au moment de la survenance de l'accident.
À travers le Medical Care Scheme, certains soins de santé non pris en charge par les services de santé publics (HSE) sont remboursés (les frais doivent être raisonnables et nécessaires).
Ces indemnités sont servies après un délai de carence de 3 jours. Elles sont versées pendant 26 semaines maximum.
Leur montant est de 254 € par semaine. Il est majoré en cas d'enfants à charge.
La demande* d'indemnités doit être présentée dans un délai de 6 semaines suivant la survenance de l'accident ou la déclaration de la maladie professionnelle, sous peine de perdre le droit à prestation. Le salarié est tenu d'obtenir un nouveau certificat médical chaque semaine tant que dure l'incapacité de travail.
*La demande s'effectue au moyen du formulaire IB1, obtenu auprès du médecin, accompagné du certificat d'incapacité s'il n'a pas été transmis électroniquement par le médecin.
Le montant de la prestation dépend du degré l'incapacité et de son caractère temporaire ou définitif. Le taux d'incapacité estimé doit être au moins égal à 15 %.
Pour les incapacités inférieures à 20 %, l'indemnité prendra la forme d'une somme forfaitaire (Disablement Gratuity). Le montant de cette somme forfaitaire variera en fonction du degré d'incapacité et de la durée probable de cette incapacité. Il peut être au maximum de 19 940 €.
Pour les incapacités égales ou supérieures à 20 %, une pension (Disablement Pension) est versée :
| Taux d'incapacité | Pension hebdomadaire maximum |
|---|---|
| 100 % | 285 € |
| 90 % | 256,50 € |
| 80 % | 228 € |
| 70 % | 199 € |
| 60 % | 171 € |
| 50 % | 142,50 € |
| 40 % | 114 € |
| 30 % | 85,50 € |
| 20 % | 57 € |
| Source : Citizens Information, Disablement Benefit. | |
La demande de prestation pour incapacité permanente est à présenter dans les 3 mois qui suivent l'expiration du droit aux prestations pour incapacité temporaire ou l'accident ou l'apparition des symptômes.
Une personne titulaire d'une pension pour incapacité permanente est en droit de prétendre à l'allocation pour assistance d'une tierce personne lorsqu'elle est suffisamment atteinte pour avoir besoin de l'aide quotidienne d'une autre personne. L'allocation n'est pas servie pour un taux d'incapacité inférieur à 50 %.
L'allocation s'élève à 271 € par semaine. Elle doit être demandée en même temps que la pension.
Le conjoint/partenaire/concubin* survivant perçoit la pension de survivant (Bereaved Partner's Pension) lorsque l'assuré est décédé des suites d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle. Cette pension peut également être accordée lorsque, au moment du décès, l'assuré percevait une pension pour incapacité permanente correspondant à un degré d'incapacité d'au moins 50 %.
*Les concubins (qualified cohabitants) sont pris en compte depuis juillet 2025, lorsqu'ils vivaient en couple avec le défunt depuis au moins 2 ans s'ils ont des enfants communs, ou 5 ans s'ils n'en ont pas.
Les taux hebdomadaires applicables en 2026 sont :
Le supplément pour enfant à charge s'élève à 58 € pour un enfant de moins de 12 ans et à 78 € par enfant à charge de 12 ans ou plus.
La pension de survivant n'est pas soumise à condition de ressources, mais elle est imposable. Elle est supprimée lorsque son bénéficiaire vit à nouveau en couple. Elle ne peut pas être cumulée avec la Bereaved Partner's Contributory Pension.
La pension d'orphelin (Orphan's Pension) est une prestation non soumise à condition de ressources, servie jusqu'à 18 ans (22 ans en cas d'études à temps plein). Son montant correspond à 240,80 € par semaine.
L'allocation funéraire (Special Funeral Grant) est versée à la personne ayant supporté les frais funéraires. Son montant forfaitaire, non imposable, est fixé à 850 €.
Démarches
Toute demande de prestation aux survivants dans le cadre du régime d'accidents du travail-maladies professionnelles doit être effectuée par courrier dans les 3 mois qui suivent le décès :
L'assuré ayant exercé une activité salariée peut bénéficier de :
Le salarié dont l'employeur réduit l'activité de façon temporaire peut bénéficier des indemnités du régime Short-Time Work Support (au moins 1 jour de travail par semaine).
Les travailleurs indépendants qui ont involontairement perdu leur activité indépendante peuvent aussi bénéficier d'indemnités de chômage (Jobseeker's Benefit Self-Employed - JBSE).
Pour y prétendre, le travailleur indépendant doit :
* Le demandeur doit dans ce cas prouver qu'il exerçait une activité indépendante au cours de l'année précédant sa demande.
Le montant de l'allocation dépend des revenus perçus au cours de l'année fiscale de référence, correspondant à l'année N-2. Le revenu hebdomadaire moyen est calculé en divisant le revenu brut perçu au cours de cette année par le nombre de semaine de cotisations de classe S versées durant la même période.
| Revenu hebdomadaire moyen | Montant hebdomadaire |
|---|---|
| 300 € ou plus | 254 € |
| 220 € à 299,99 € | 198,90 € |
| 150 € à 219,99 € | 163,70 € |
| Moins de 150 € | 114 € |
Le bénéficiaire peut également bénéficier d'une majoration pour enfant à charge.
L'allocation est versée pendant 9 mois (39 semaines) aux assurés ayant versé au moins 260 cotisations de classe S, ou pendant 6 mois (26 semaines) lorsque le nombre de cotisations versées est inférieur à 260.
Le bénéficiaire peut travailler en tant que salarié jusqu'à 3 jours par semaine tout en percevant l'allocation.
Il peut être financièrement plus avantageux de demander l'assistance chômage, soumis à un examen des ressources.
Démarches
Pour bénéficier des indemnités de chômage, il faut :
*Ou moins de 70 ans pour les assurés nés après le 1er janvier 1958 qui ont décidé de ne pas commencer à percevoir leur pension de retraite.
| Cotisations versées | Durée de versement | Montant1 | Montant maximal |
|---|---|---|---|
| De 2 à 5 ans (104 à 259 cotisations) | 26 semaines | 50 % des revenus bruts2 | 300 € |
| 5 ans ou plus (260 cotisations ou plus) | 13 premières semaines | 60 % des revenus bruts | 450 € |
| 13 semaines suivantes | 55 % des revenus bruts | 375 € | |
| 13 dernières semaines | 50 % des revenus bruts | 300 € |
1. Le montant hebdomadaire de l'indemnité est au minimum de 125 €.
2. Les revenus bruts sont calculés sur les 12 mois précédant les 8 semaines antérieures à la perte d'emploi.
Allocations chômage pour emploi à temps partiel ou saisonnier
Il existe des allocations chômage pour les assurés qui travaillent à temps partiel, ou de manière saisonnière, ainsi que pour les emplois étudiants et les pompiers volontaires (Jobseeker's Benefit). L'allocation est versée pendant 6 ou 9 mois, en fonction du nombre de cotisations sociales versées. Son montant est forfaitaire, fixé à 254 € par semaine. Des taux réduits s'appliquent lorsque le revenu hebdomadaire moyen est inférieur à 300 €. Une majoration peut également être accordée pour un adulte ou/et un enfant à charge.
L'assistance chômage est servie sous condition de ressources aux résidents de 18 à 66 ans se trouvant au chômage au moins 4 jours par semaine sans pouvoir percevoir des indemnités de chômage (Jobseeker's Pay-Related Benefit), ou dont les droits à ces prestations ont été épuisés.
Le demandeur doit être habituellement résident en Irlande, être apte et disponible pour un emploi à temps plein, et rechercher activement un emploi.
Les nouveaux entrants sur le marché du travail doivent avoir fini leurs études depuis au moins 3 mois.
La plupart des revenus du bénéficiaire et ceux de son conjoint/partenaire sont pris en compte pour l'évaluation du droit. Sont également pris en compte les revenus des parents d'un demandeur d'emploi âgé de moins de 25 ans s'ils vivent sous le même toit.
Le montant maximum de l'assistance chômage est fonction de l'âge du bénéficiaire :
| Âge | Montant maximum hebdomadaire | Supplément pour adulte à charge |
|---|---|---|
| 18-24 | 163,70 €* | 163,70 € |
| 25 ou plus | 254 € | 168,60 € |
| * Les jeunes de moins de 25 ans qui ont un enfant à charge, ou qui percevaient précédemment une allocation d'invalidité, peuvent percevoir le montant maximum de 254 €. | ||
Le montant peut être réduit en fonction des ressources du bénéficiaire. Un supplément pour enfant à charge peut également être attribué (58 € par semaine pour un enfant de moins de 12 ans et 78 € pour un enfant âgé de 12 ans ou plus).
L'assistance chômage est servie tant que les conditions d'octroi sont remplies. Un délai de carence de 3 jours est prévu.
Le bénéficiaire de l'assistance chômage peut avoir droit à des prestations supplémentaires (notamment à l'allocation de chauffage (Fuel Allowance), au supplément de loyer (Rent Supplement) ou à la carte médicale (Medical Card)).
Allocation chômage pour parent isolé
Il existe également une allocation destinée aux parents isolés dont le plus jeune enfant a entre 7 et 13 ans inclus : Jobseeker's Transitional payment. Cette allocation, attribuée sous condition de résidence et de ressources, permet au parent de travailler à temps partiel ou de poursuivre des études tout en s'occupant de ses enfants. Il n'est pas nécessaire de rechercher un travail à plein temps, mais le parent doit participer aux mesures prévues par les services de l'emploi. Le montant maximum de l'allocation est fixé à 254 € par semaine, majoré d'un montant supplémentaire par enfant : 58 € pour un enfant de moins de 12 ans, 78 € pour un enfant de 12 ans et plus.
Plus d'informations.
Les prestations familiales sont servies sous condition de résidence pour les parents et enfants bénéficiaires.
Les allocations familiales sont universelles, non soumises à une condition de ressources, servies en faveur des enfants âgés de moins de 16 ans (jusqu'à 19 ans en cas de handicap ou d'études/formation à temps plein). Elles sont versées chaque mois et ne sont pas soumises à imposition.
En 2026, elles s'élèvent à 140 €. En cas de naissances multiples, l'allocation mensuelle est relevée à 210 € (jumeaux) ou 280 € (triplés ou plus) pour chaque enfant.
Sauf preuve que l'enfant ne réside pas avec sa mère, les allocations familiales sont automatiquement versées à la mère. Lorsque l'enfant est né en Irlande, l'enregistrement de la naissance déclenche la procédure de demande.
Depuis le 1er décembre 2024, en complément du premier versement d'allocations familiales, une prime de naissance ("Newborn Baby Grant") de 280 € est versée pour chaque enfant né.
L'allocation pour parent isolé est versée sous conditions de ressources aux personnes de moins de 66 ans qui ne vivent pas en couple et qui ont la garde principale d'au moins un enfant de moins de 7 ans.
L'allocation pour famille monoparentale cesse d'être versée lorsque le plus jeune enfant atteint l'âge de 7 ans. Cette limite d'âge est portée à 16 ans lorsque le parent bénéficie de l'allocation de soins à domicile, de l'allocation d'aide à la personne ou d'une pension d'invalidité pour cécité (Blind Pension).
Lorsque le parent isolé est veuf, si son plus jeune enfant a plus de 7 ans, l'allocation est versée pendant 2 ans à compter de la date du décès ou jusqu'au 18e anniversaire de l'enfant, selon la première de ces deux dates.
Le montant maximum de l'allocation est fixé à 254 € par semaine, auquel peut s'ajouter un complément pour chaque enfant supplémentaire à charge (Child Support Payment).
Cette allocation est imposable.
Démarches
Le Ministère de la protection sociale – Department of Social Protection (DSP) – est compétent pour le versement de l'allocation pour parent isolé.
La demande de prestation doit être adressée au centre Intreo ou au bureau local de protection sociale du lieu de résidence du demandeur dans les 3 mois qui suivent la naissance de l'enfant ou le décès de son autre parent. En cas de séparation, le demandeur doit avoir vécu séparément de son conjoint ou partenaire pendant au moins 3 mois avant de déposer sa demande.
Les travailleurs indépendants ne peuvent pas percevoir la prime d'activité pour les familles.
Cette prime est une prestation hebdomadaire non imposable destinée aux salariés disposant de faibles revenus et ayant au moins un enfant à charge, que ce dernier soit mineur ou jeune majeur poursuivant des études à plein temps (jusqu'à 22 ans).
Cette aide s'adresse aux travailleurs actifs, c'est-à-dire ceux qui travaillent au moins 38 heures sur une période de 14 jours, et pour une activité présumée durer au moins 3 mois. Les heures travaillées par les deux membres d'un couple peuvent être additionnées pour atteindre ce seuil, mais l'aide n'est versée qu'à une seule personne par famille.
Pour bénéficier de cette prestation, la famille doit disposer d'un revenu inférieur à un plafond, variable en fonction du nombre d'enfants :
| Nombre d'enfants | Plafond du revenu familial hebdomadaire |
|---|---|
| 1 enfant | 765 € |
| 2 enfants | 866 € |
| 3 enfants | 967 € |
| 4 enfants | 1058 € |
| 5 enfants | 1 184 € |
| 6 enfants | 1 300 € |
| Source : Citizens Information – Working Family Payment. | |
Le montant de la prime, versé chaque semaine, est égal à 60 % de la différence entre le revenu familial hebdomadaire moyen* et le plafond applicable en fonction de la composition de la famille (voir tableau ci-dessus). Ce montant ne peut pas être inférieur à 20 € par semaine.
* Les revenus des enfants ne sont pas pris en compte et certaines prestations sont également exclues. Le site Citizens Information détaille les sources de revenus prises en considération.
En règle générale, la prime est attribuée pour 1 an, et le montant versé reste inchangé pendant cette période, même si les revenus du ménage augmentent ou diminuent (sauf si arrivée d'un nouvel enfant pendant l'année). Le versement cesse en revanche si le nombre d'heures travaillées passe en-dessous des 38 heures par quinzaine. Une fois l'année écoulée, et si les conditions d'ouverture de droit sont toujours remplies, il est possible de solliciter un renouvellement.
La prime est cumulable avec l'allocation pour parent isolé.
L'allocation sociale complémentaire (Supplementary Welfare Allowance - SWA) est une prestation d'assistance sociale visant à garantir un minimum de ressources aux personnes qui ont des ressources insuffisantes pour couvrir leurs besoins et ceux de leur famille.
Le demandeur doit :
*Les revenus professionnels du conjoint/partenaire vont être pris en compte dans l'appréciation des ressources du demandeur. En revanche, certaines prestations sociales, notamment les prestations familiales, ne sont pas prises en compte dans le calcul des ressources.
Pour les personnes sans ressources, l'allocation sociale complémentaire de base se compose :
* Les jeunes qui vivent de manière autonome et qui bénéficient d'une aide au logement de l'Etat, ainsi que ceux ayant un enfant à charge, peuvent bénéficier du montant maximal.
Le montant effectivement versé est déterminé en fonction de la différence entre le montant maximal applicable à la situation du demandeur et les ressources prises en compte dans le cadre de l'examen des ressources (means test).
La demande doit être faite auprès des Services sociaux communautaires (Community Welfare Service).
Le dispositif de SWA comprend également plusieurs aides complémentaires, notamment :
Son montant dépend de la situation du ménage, de ses ressources, du montant du loyer et des plafonds de loyer applicables dans la zone de résidence. Le bénéficiaire doit généralement acquitter une participation minimale.
L'octroi et le montant de ces aides supplémentaires relèvent de l'appréciation du Community Welfare Service.