Le régime hongrois de sécurité sociale (salariés et non-salariés)

2020

I. Généralités

1. Organisation

NB : Les agriculteurs sont couverts par un régime spécifique, que la présente note ne décrit pas.

Le régime hongrois de protection sociale comprend les assurances sociales (assurances maladie-maternité, invalidité, vieillesse, survivants, accidents du travail et maladies professionnelles), l'aide à la famille, l'assurance chômage et l'aide sociale. Le régime s'applique aux personnes exerçant ou ayant exercé une activité professionnelle salariée ou indépendante et assimilée. Les conditions d'affiliation et de service des prestations sont identiques pour les travailleurs salariés et indépendants. En matière de cotisations, les taux appliqués aux travailleurs indépendants et salariés sont les mêmes (le travailleur indépendant verse la somme des cotisations patronales et salariales prévues pour les activités salariales), mais les bases de calcul diffèrent.

À noter

En Hongrie, la couverture accidents du travail et maladies professionnelles ne constitue pas une branche spécifique de la sécurité sociale. Ces risques sont couverts par les assurances maladie, invalidité et survivants.

Sous tutelle du Ministère des ressources humaines (Emberi Erőforrások Minisztériuma) :

Le Ministère de l'innovation et de la technologie (Innovációs és Technológiai Minisztérium) est responsable de l'assurance chômage (gérée par les Bureaux des autorités de la capitale et des autorités cantonales) et supervise également le système de pension complémentaire (facultatif).

2. Financement

Recouvrement des cotisations :

Nemzeti Adó- és Vámhivatal – NAV
(Autorité nationale des impôts et des douanes)

Le régime de protection sociale hongrois est financé par les cotisations des assurés, des employeurs et par les impôts.

Les cotisations patronales et salariales sont versées sur la totalité du salaire brut.

Pour le travailleur indépendant, elles sont calculées sur la base des revenus de l'activité indépendante déclarée. Cette base de calcul ne peut pas être inférieure :

En 2020, employeurs et travailleurs indépendants doivent s'acquitter d'une cotisation globale de 17,5 % (impôt social), abaissée à 15,5 % à compter de juillet. Un employeur peut également être redevable d'une cotisation de 1,5 % destinée à financer la formation professionnelle.

En plus de l'impôt social, les travailleurs indépendants sont soumis aux mêmes cotisations que les salariés :

Cotisations salariales au 1er janvier 2020
Risque Taux
Maladie, maternité, invalidité 7 %*
Pensions 10 %
Chômage 1,5 %
* 4 % pour les prestations en nature + 3 % pour les prestations en espèces.

Depuis le 1er juillet 2020, les différentes cotisations salariales sont regroupées en une seule cotisation globale (même taux : 18,5 %). Il en va de même pour les cotisations des non-salariés.

Au 18 novembre 2020, le forint hongrois (HUF) vaut 0.0028 euro.

II. Assurance maladie-maternité

1. Maladie

a) Prestations en nature

Le système d'assurance soins de santé couvre les personnes exerçant une activité professionnelle ou en situation assimilée, les pensionnés, les enfants de moins de 18 ans ainsi que les bénéficiaires de certaines allocations sociales.

Les personnes majeures qui résident en Hongrie en permanence depuis au moins 1 an sans exercer d'activité rémunérée sont tenues de s'acquitter d'une cotisation forfaitaire mensuelle de 7 710 HUF (2020) pour les soins de santé.

Les personnes qui ne sont pas couvertes (par exemple, les personnes dont la durée de résidence en Hongrie est inférieure à 1 an et ne travaillant pas) peuvent s'assurer volontairement pour une cotisation correspondant à 50 % du salaire minimum (30 % pour les mineurs et les étudiants).

Traitement médical

Les assurés doivent s'inscrire auprès du médecin généraliste de leur choix. Ils peuvent changer de médecin traitant 1 fois par an (plus souvent sous certaines conditions).

Les soins dispensés par un spécialiste ou à l'hôpital sont entièrement pris en charge par l'assurance maladie dès lors qu'ils font l'objet d'une prescription du médecin traitant. Le patient conserve le choix du professionnel de santé.

Un médecin spécialiste peut être consulté sans prescription uniquement pour une urgence ou dans certains domaines (par exemple, dermatologie, gynécologie, ophtalmologie, psychiatrie ou chirurgie ambulatoire).

Hospitalisation

L'hospitalisation se fait habituellement sur prescription du médecin généraliste. Les assurés ne peuvent pas choisir librement leur hôpital, sauf en cas d'urgence. Le traitement de certaines affections nécessite une participation (montant établi par le prestataire de soins). Toute demande liée au confort demeure à la charge du patient.

Soins dentaires

Les soins dentaires sont pris en charge pour les patients de moins de 18 ans ou de plus de 62 ans et les femmes enceintes (jusqu'à 3 mois après l'accouchement). Toutefois, l'assuré doit supporter une partie des frais en cas d'application d'un appareil orthodontique (pour les patients de moins de 18 ans) ou de prothèses dentaires, ainsi que couvrir le coût de certains matériaux. Les montants sont fixés par le prestataire de soins.

Pour les autres assurés, l'assurance maladie peut prendre en charge les urgences, la chirurgie dentaire ainsi que certains traitements de base.

Médicaments

Les médicaments répertoriés administrés au cours d'une hospitalisation sont gratuits. Les autres traitements sont pris en charge par l'assurance maladie entre 25 et 90 % du prix de référence. La prise en charge peut être totale pour certaines maladies graves ou chroniques. Dans ce cas, seul un montant forfaitaire de 300 HUF est exigé du patient.

Une carte ouvrant droit à la gratuité des médicaments est délivrée aux personnes âgées ou handicapées qui disposent de faibles ressources.

b) Prestations en espèces

Indemnités journalières pour incapacité temporaire de travail

Les travailleurs salariés, indépendants et assimilés sont obligatoirement assurés pour les indemnités journalières de maladie. Il est également possible de s'assurer volontairement.

Les prestations sont servies sans condition de durée minimum d'affiliation : il suffit que l'arrêt de travail se produise durant une période d'assurance ou dans les 3 jours qui suivent. L'incapacité doit être attestée par un médecin et l'assuré doit être réexaminé de façon régulière (suivant décision médicale).

Les indemnités journalières sont servies sans délai de carence, jusqu'à 1 an.

Calcul

L'employeur est tenu de maintenir le versement du salaire (távolléti díj) à raison de 70 % du salaire journalier brut moyen, dans la limite de 15 jours par an. L'assuré reçoit ensuite des indemnités journalières (táppénz) de l'assurance maladie.

Le montant des indemnités journalières de maladie correspond à un pourcentage du revenu journalier brut moyen des 180 jours précédents :

En 2020, le montant journalier est plafonné à 10 733,33 HUF (soit 2 fois 1/30e du salaire minimum, fixé à 161 000 HUF bruts par mois).

Les indemnités de maladie sont imposables.

Enfant malade

L'assurance maladie prévoit également le versement des indemnités journalières de maladie aux assurés qui s'occupent d'un enfant malade :

Âge de l'enfant Durée de versement
moins d'1 an jusqu'au 1er anniversaire de l'enfant
1 à 3 ans 84 jours par an
3 à 6 ans 42 jours par an*
6 à 12 ans 14 jours par an*
* Durée doublée pour les familles monoparentales.

2. Maternité

Les prestations en nature de l'assurance maternité sont servies dans les mêmes conditions que dans le cadre de l'assurance maladie.

a) Indemnités journalières de maternité

Congé de paternité

Les salariés hongrois peuvent prendre 5 jours de congés payés dans les 2 mois qui suivent la naissance de leur enfant (7 jours pour des jumeaux).

Pour avoir droit aux indemnités journalières de maternité (csecsemőgondozási díj), l'assurée doit avoir cotisé pendant au moins 365 jours durant les 2 ans précédant son accouchement. La naissance doit avoir lieu durant la période d'assurance ou dans les 42 jours qui suivent la fin de celle-ci.

Les indemnités sont versées pendant 24 semaines (au choix : 4 semaines avant et 20 semaines après la naissance, ou 24 semaines après l'accouchement). Le montant de l'indemnité journalière correspond à 70 % du revenu brut journalier moyen des 180 jours précédents, sans plafond.

Les indemnités de maternité sont imposables.

b) Allocation de naissance

Toute résidente en Hongrie donnant naissance à un enfant peut prétendre à une allocation de naissance (anyasági támogatás), également attribuable pour une adoption. Cette allocation est versée sous condition de 4 examens médicaux prénataux obligatoires* ou, en cas d'adoption, d'un jugement définitif intervenu dans un délai de 180 jours à compter de la prise en charge de l'enfant. L'allocation est une somme forfaitaire représentant 225 % de la pension de vieillesse minimum (soit 64 125 HUF en 2020). Pour une naissance multiple, elle représente 3 fois la pension de vieillesse minimum par enfant (soit 85 500 HUF en 2020).

* Une seule consultation prénatale est requise en cas de naissance prématurée.

III. Accidents du travail et maladies professionnelles

NB : Il n'existe pas de branche spécifique accidents du travail/maladies professionnelles dans le régime social hongrois. Ces risques sont indemnisés par les assurances maladie, invalidité et survivants. Sont donc couverts les travailleurs salariés, indépendants et assimilés ainsi que les bénéficiaires de certaines prestations sociales (aides sociales, prestations de chômage, etc.).

Des prestations sont prévues en cas d'incapacité ou de décès ayant pour cause un accident survenu au cours de l'activité professionnelle ou en relation avec celle-ci. L'accident de trajet domicile-lieu d'activité est également couvert. Une liste officielle répertorie les maladies professionnelles reconnues.

Les prestations en nature sont servies dans le cadre de l'assurance maladie. Les victimes d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle ne participent pas aux coûts des traitements médicaux.

Les prestations en espèces sont servies sans condition de stage (dès le 1er jour d'assurance).

a) Incapacité temporaire

Un assuré peut prétendre à une indemnité de maladie pour accident du travail (baleseti táppénz), servie sans délai de carence, pendant 1 an (+ 1 an si nécessaire). Le montant mensuel de l'indemnité représente 100 % des revenus moyens de l'assuré (90 % en cas d'accident survenu sur le trajet entre domicile et lieu d'activité).

b) Incapacité permanente

La rente pour accident du travail (baleseti járadék) est servie à l'assuré en incapacité permanente (réduction de la capacité de travail de plus de 13 %).

La rente est calculée sur la base des revenus mensuels bruts moyens cotisables de l'année précédant la réalisation du risque :

Cumuls

La rente pour accident du travail peut être entièrement cumulée avec un revenu professionnel. Son cumul avec d'autres prestations sociales n'est pas autorisé.

c) Survivants

Les droits des survivants sont examinés dans le cadre de l'assurance décès (cf. chapitre V). Ils sont ouverts sans condition de durée d'assurance préalable du défunt.

d) Capital-décès

En cas de décès suite à un accident du travail, les autorités locales fournissent un soutien financier qui est fonction du niveau de revenu de la famille. Elles peuvent prendre en charge la totalité des frais funéraires.

e) Allocation aux personnes dispensant des soins

Cette prestation (ápolási díj) est versée aux personnes qui prennent soin d'un membre de famille invalide ou atteint d'une maladie chronique. Son montant varie selon l'importance des soins prodigués (39 365 HUF, 59 050 HUF ou 70 860 HUF par mois en 2020).

IV. Invalidité

L'assurance invalidité obligatoire vise les travailleurs salariés, indépendants et assimilés.

a) Indemnités d'invalidité et de réadaptation

En fonction de l'état de santé de l'assuré et de sa possible évolution est accordée une indemnité de réadaptation (rehabilitációs ellátás) ou une indemnité d'invalidité (rokkantsági ellátás).

Conditions

Ces prestations visent les assurés de 15 ans ou plus qui :

La condition d'affiliation peut être écartée, notamment lorsque l'intéressé bénéficiait au 31 décembre 2011 d'une pension d'invalidité ou de réadaptation, ou pour les personnes de moins de 35 ans assurées sans interruption depuis la fin de leurs études.

L'indemnité de réadaptation peut être versée jusqu'à 3 ans, lorsqu'une réinsertion sur le marché du travail est envisageable. Si ce n'est pas le cas, une indemnité d'invalidité est octroyée pour une durée indéfinie.

À l'âge de la retraite, le bénéficiaire peut soit conserver son indemnité d'invalidité soit la remplacer par une pension de vieillesse.

Calcul

Le montant de ces prestations est fonction des revenus mensuels moyens de l'assuré et de son état de santé. Les prestations sont versées chaque mois.

  1. Montant de l'indemnité de réadaptation :
    • lorsque la réadaptation est nécessaire pour un temps limité : 35 % des revenus mensuels moyens, sans être inférieur à 30 % du montant de base et dans la limite de 40 % du montant de base* ;
    • lorsque le besoin de réadaptation est présumé permanent : 45 % des revenus mensuels moyens, sans être inférieur à 40 % du montant de base et dans la limite de 50 % du montant de base*.
  2. Montant de l'indemnité d'invalidité :
    • lorsque la capacité de travail est susceptible d'être recouvrée (taux d'incapacité inférieur à 50 %) : 40 % des revenus mensuels moyens, sans être inférieur à 30 % du montant de base et dans la limite de 45 % du montant de base* ;
    • lorsque le besoin de réadaptation est présumé permanent (taux d'incapacité supérieur à 50 %) : 60 % des revenus mensuels moyens, sans être inférieur à 45 % du montant de base et dans la limite de 150 % du montant de base* ;
    • pour les personnes qui ont besoin d'une aide permanente pour travailler : 65 % des revenus mensuels moyens, sans être inférieur à 50 % du montant de base et dans la limite de 150 % du montant de base* ;
    • pour les personnes dont la perte d'autonomie exige une assistance permanente pour réaliser les gestes du quotidien : 70 % des revenus mensuels moyens, sans être inférieur à 55 % du montant de base et dans la limite de 150 % du montant de base*.

* En 2020, le montant de base s'élève à 104 405 HUF. Les montants servis sont donc compris entre 31 325 HUF et 156 610 HUF par mois. 

b) Allocation aux personnes dispensant des soins

Cette allocation (ápolási díj) est versée aux personnes qui prennent soin d'un membre de famille atteint d'un handicap ou d'une maladie chronique. Son montant varie selon l'importance de l'aide nécessaire (39 365 HUF, 59 050 HUF ou 70 860 HUF par mois en 2020).

c) Rente d'invalidité

La rente d'invalidité (rokkantsági járadék), non cumulable avec l'indemnité d'invalidité ou une pension, est servie aux personnes de plus de 18 ans, dont la santé s'est dégradée d'au moins 70 % avant leurs 25 ans. Le montant mensuel de la rente est fixé à 38 670 HUF (2020).

d) Allocation exceptionnelle d'invalidité

Cette prestation (kivételes rokkantsági ellátás) est destinée aux personnes dont l'état de santé est diminué d'au moins 50 %, ou qui ont besoin d'une réadaptation permanente, et qui se trouvent à 5 ans ou moins de l'âge légal de la retraite. Le demandeur doit en outre justifier d'une durée d'assurance correspondant au moins à la moitié de celle exigée pour percevoir une indemnité de réadaptation ou d'invalidité (soit 548, 1 278 ou 1 825 jours d'assurance au cours des 5, 10 ou 15 dernières années).

V. Vieillesse, décès

L'assurance obligatoire vieillesse-décès vise les travailleurs salariés, indépendants et assimilés.

1. Vieillesse

a) Conditions

Pour obtenir une pension de vieillesse du régime hongrois, il faut avoir été affilié à l'assurance pension 15 ans ou plus. Pour percevoir le montant minimum garanti, une durée d'assurance d'au moins 20 ans est nécessaire.

b) Âge légal de la retraite

L'âge légal de la retraite en Hongrie, fixé à 62 ans pour les personnes nées avant 1952, augmente de 6 mois par année de naissance :

Naissance Âge légal de la retraite
1952 62 ans et 6 mois
1953 63 ans
1954 63 ans et 6 mois
1955 64 ans
1956 64 ans et 6 mois
1957 et après 65 ans

En 2020, les personnes nées en 1956 peuvent donc liquider leur pension de vieillesse à 64 ans et 6 mois. Les natifs de 1957 devront attendre 2022 et leur 65e anniversaire. 

c) Anticipation

Seules les femmes, indépendamment de leur âge, qui justifient d'au moins 40 ans d'assurance et ont cessé l'exercice de toute activité rémunérée peuvent aujourd'hui liquider une pension de vieillesse anticipée (öregségi nyugdíj nők számára 40 év jogosultsági idővel). Les périodes de perception de certaines prestations de maternité/familiales sont assimilées à des périodes d'assurance (dans la limite de 8 ou 10 ans, en fonction des prestations concernées) et la période d'assurance requise peut être abaissée (sans être inférieure à 33 ans) pour les mères de 5 enfants et plus (-1 an par enfant).

Les autres prestations accordées avant l'âge légal de la retraite (korhatár előtti ellátás) sont réservées aux personnes qui remplissaient les conditions d'âge et de durée d'affiliation en vigueur en 2011.

d) Prorogation

Le report de la liquidation de la pension de vieillesse est admis sans limite d'âge (sauf dans le cadre de certaines professions et dans la fonction publique). Le montant de la pension est augmenté de 0,5 % pour chaque période de 30 jours d'activité au-delà de l'âge légal de la retraite (la pension perçue peut dépasser les revenus moyens antérieurs).

e) Calcul de la pension

Le montant de la pension de vieillesse obligatoire correspond à un pourcentage du revenu net mensuel moyen acquis depuis 1988 (après réévaluation), en fonction de la carrière contributive de l'assuré :

Une réintroduction progressive du 13e mois de pension est prévue à compter de janvier 2021 (+1 semaine par an, jusqu'à atteindre 1 mois en janvier 2024). 

Les revenus supérieurs à 372 000 HUF par mois ne sont pris en compte qu'à 90 % (80 % à partir de 421 000 HUF).

Le montant minimum de la pension fixé par la loi, qui ne s'applique qu'à une pension à taux plein (acquise à partir de 20 ans d'activité), s'élève à 28 500 HUF par mois.

Les pensions de vieillesse sont versées chaque mois.

2. Survivants

Peuvent prétendre à une pension/prestation de survivant le conjoint, ex-conjoint, ou la personne qui vivait maritalement avec l'assuré, les enfants de ce dernier, ainsi que les ascendants, les frères/sœurs et petits-enfants qui étaient à sa charge.

a) Conditions

L'assuré devait être bénéficiaire d'une pension de vieillesse ou justifier de la période minimum d'assurance requise pour pouvoir y prétendre, en fonction de son âge à son décès :

Âge du défunt Durée minimum d'assurance requise
moins de 22 ans 180 jours après avoir terminé des études
ou 2 ans d'affiliation au total
entre 22 et 25 ans 4 ans
entre 25 et 30 ans 6 ans
entre 30 et 35 ans 8 ans
entre 35 et 45 ans 10 ans
45 ans ou plus 15 ans
Conjoint, ex-conjoint, partenaire

Si, à la date du mariage, l'assuré avait déjà atteint l'âge de la retraite, le conjoint survivant n'a droit à une pension que s'il a cohabité avec l'assuré pendant plus de 5 ans ou s'ils ont eu un enfant ensemble.

Le conjoint survivant peut prétendre à une pension temporaire (ideiglenes özvegyi nyugdíj) pendant 1 an à compter du décès de l'assuré. Cette durée peut être portée à 18 mois si un orphelin est à sa charge (3 ans si l'enfant est atteint d'un handicap ou d'une maladie chronique). La pension temporaire est convertie en pension permanente (özvegyi nyugdíj) si le conjoint survivant a atteint l'âge de la retraite, s'il est invalide ou s'il a au moins 2 orphelins mineurs à sa charge (ou 1 orphelin handicapé ou durablement malade). La pension permanente est également due si l'une de ces conditions est remplie dans les 10 ans qui suivent le décès.

Le conjoint divorcé peut prétendre à une pension temporaire si l'assuré lui versait une pension alimentaire.

Le partenaire survivant doit avoir cohabité pendant au moins 10 ans avec le défunt (en présence d'un enfant commun, cette durée est réduite à 1 an). Il ne doit pas bénéficier d'une pension de veuvage au titre d'une précédente union.

La pension de veuvage est supprimée en cas de remariage avant d'avoir atteint l'âge d'ouverture de droit à une pension de vieillesse.

Orphelins

Les enfants de l'assuré peuvent prétendre à une allocation d'orphelin (árvaellátás) jusqu'à leurs 16 ans (25 ans en cas de poursuite d'études à plein temps, nulle limite d'âge en cas d'invalidité).

Autres ayants droit

Peuvent prétendre à une pension parentale (szülői nyugdíj) les ascendants de l'assuré décédé, invalides ou âgés d'au moins 65 ans, à condition d'avoir été à charge de l'assuré au cours de l'année précédant son décès.

Les frères, sœurs et petits-enfants du défunt ne peuvent bénéficier d'une pension de survivant que lorsqu'ils étaient à charge de l'assuré et qu'aucun autre membre de famille ne peut prétendre à une pension.

b) Calcul de la pension

Le montant de la pension pour conjoint survivant, conjoint divorcé et partenaire survivant représente 60 % de la pension de vieillesse dont bénéficiait ou aurait pu bénéficier l'assuré. La pension permanente est réduite à 30 % des droits du défunt si le titulaire perçoit une prestation d'invalidité ou de réadaptation, ou une autre pension.

Les orphelins de père ou de mère reçoivent chacun une allocation mensuelle correspondant à 30 % de la pension du parent décédé (60 % pour l'orphelin dont le parent survivant est handicapé, et pour les orphelins de père et de mère). L'orphelin conserve ce droit même après le remariage du parent survivant ou en cas d'adoption.

Le montant de la pension pour les autres membres de famille est égal à celui de la pension permanente pour conjoint survivant.

Aucun seuil ou plafond n'a été fixé pour le montant des pensions de survivant, sauf pour l'allocation d'orphelin, dont le montant minimum mensuel par enfant s'élève à 24 250 HUF.

Les montants versés ne sont pas imposables.

VI. Chômage

L'assurance chômage obligatoire couvre les travailleurs salariés, indépendants et assimilés.

a) Conditions

Pour prétendre aux prestations de chômage (álláskeresési járadék), il faut :

Les prestations sont servies sans délai de carence. Elles sont versées chaque mois.

b) Versement

La durée d'indemnisation dépend du nombre de jours d'assurance antérieure : 1 journée d'indemnité est octroyée pour chaque période de 10 jours d'assurance, dans la limite de 90 jours d'indemnisation.

Le montant mensuel de l'indemnité de chômage représente 60 % du revenu mensuel moyen cotisable des 4 trimestres précédant l'inscription en tant que demandeur d'emploi, dans la limite du salaire minimum national (soit 161 000 HUF par mois en 2020).

Les indemnités de chômage sont imposables.

VII. Prestations familiales

Les prestations familiales sont versées dans le cadre d'un régime universel qui couvre l'ensemble des résidents sur le territoire hongrois. Elles ne sont pas subordonnées à une condition d'activité (à l'exception de l'allocation de garde d'enfant, gyermekgondozási díj, qui ne vise que les travailleurs salariés et indépendants).

1. Allocations familiales

Le droit aux allocations familiales (családi pótlék) est ouvert dès le 1er enfant. Les allocations sont versées jusqu'aux 18 ans de l'enfant (au plus tard jusqu'à ses 23 ans en cas de poursuite d'études ou de formation professionnelle sans disposer de revenus réguliers).

Le montant des allocations familiales ne dépend ni des revenus familiaux, ni de l'âge de l'enfant, mais de la situation de ce dernier et de la composition du foyer (si l'enfant est handicapé ou pour une famille monoparentale, le montant des allocations familiales est plus élevé). Les allocations familiales ne sont pas imposables.

Montants mensuels des allocations familiales (2020)
1 seul enfant
  • 12 200 HUF si les 2 parents vivent dans le foyer
  • 13 700 HUF pour une famille monoparentale
2 enfants
  • 13 300 HUF par enfant si les 2 parents vivent dans le foyer
  • 14 800 HUF par enfant d'une famille monoparentale
3 enfants ou plus
  • 16 000 HUF par enfant si les 2 parents vivent dans le foyer
  • 17 000 HUF par enfant d'une famille monoparentale
1 enfant handicapé
  • 23 300 HUF par enfant mineur, si les 2 parents vivent dans le foyer
  • 25 900 HUF par enfant mineur d'une famille monoparentale
  • 20 300 HUF par enfant de plus de 18 ans
Enfant placé dans un foyer ou en famille d'accueil 14 800 HUF

2. Allocations d'éducation

a) Allocation de garde d'enfant

L'ouverture du droit à l'allocation de garde d'enfant (gyermekgondozást segítő ellátás – GYES) est basée sur la résidence et ne dépend pas du versement de cotisations sociales (système financé par les impôts). Cette prestation est destinée aux parents qui gardent leur enfant âgé de moins de 3 ans (jusqu'à 10 ans en cas de handicap ou de maladie chronique). S'il s'agit de jumeaux, l'allocation est versée jusqu'à l'âge de scolarité obligatoire (en général, 6 ans). 

La prestation peut également être versée aux grands-parents qui viennent s'occuper d'un enfant de plus d'1 an au domicile des parents. Ils ne peuvent alors travailler que 30 heures par semaine (ou de manière illimitée à domicile) et uniquement à partir des 3 ans de l'enfant gardé.

Le montant de l'allocation correspond au montant minimum de la pension de vieillesse (soit 28 500 HUF par mois), quel que soit le nombre d'enfants dans le foyer (sauf en cas de naissances multiples, où le montant est modulé en fonction). Il n'est pas imposable.

À noter

L'allocation ne peut être cumulée avec des revenus professionnels qu'à partir des 6 mois de l'enfant.

Aide à la garde d'enfant et allocation de garde d'enfant peuvent être partagées entre parents et être versées à temps partiel ou par intermittence.

b) Aide à la garde d'enfant

L'aide à la garde d'enfant (gyermekgondozási díj – GYED) vise les personnes exerçant une activité salariée ou indépendante (il faut avoir cotisé au moins 365 jours au cours des 2 années précédant l'accouchement). Elle est versée à l'expiration des indemnités de maternité, au parent qui garde son enfant âgé de moins de 2 ans (+ 1 an pour des jumeaux).

Le montant de l'allocation représente 70 % du revenu brut journalier moyen des 180 jours précédents (revenus plafonnés à 322 000 HUF par mois en 2020). Il est imposable.

À noter

La prestation ne peut être cumulée avec des revenus professionnels qu'à partir des 6 mois de l'enfant.

c) Allocation parentale d'éducation

L'allocation parentale d'éducation (gyermeknevelési támogatás – GYET) est versée aux parents qui élèvent au moins 3 enfants, lorsque l'enfant le plus jeune a entre 3 et 8 ans. Il est possible de cumuler l'allocation avec l'exercice d'une activité rémunérée dans la limite de 30 heures par semaine (nulle restriction s'il s'agit d'une activité exercée à domicile).

Le montant mensuel de l'allocation correspond au montant de la pension de vieillesse minimale (soit 28 500 HUF), quel que soit le nombre d'enfants. Il n'est pas imposable.